Jean WEMAËRE, c’était l’élégance du cœur et de l’esprit
avec un supplément d’âme.
Tout le préparait à une carrière politique. Mais il choisit d’être entrepreneur et de créer DEMOS.
Il me confia la création d’un département et tous les ans -quand arrivait la fixation des objectifs, je me revoyais au Népal quand - à 3000 m d’altitude- notre guide nous proposait de regarder l’Annapurna. Nous ne levions pas les yeux assez haut pour le voir culminer à 8000 m au-dessus des nuages nacrés.
Oui, Jean Wemaëre savait nous entraîner dans son ascension et nous faire confiance. Et avec Geneviève, son épouse, il travaillait en parfaite harmonie.
On lui proposait un projet : il y souscrivait. De nouveaux stages pour le catalogue ? C’était oui ! Et « Geneviève » en orchestrait la publication, véritable clé de voûte de notre développement.
Vous mettiez au point une méthode de travail ? Il déposait son nom à l’INPI. Vous aviez un projet de livre en tête ? Il le publiait aux Editions Demos qui offraient aux formateurs -permanents ou free-lances- l’opportunité de diffuser leur compétence.
Et puis Jean Wemaëre aimait le beau : celui de nos locaux rue de l’Arcade, et de la verrière de l’hôtel Bedford où nous déjeunions avec nos stagiaires ; la splendeur du Salon Napoléon III jouxtant le Café de la paix près de l’Opéra choisi non pour y danser, mais pour une conférence-débat. Enfin le charme du Château de Pin et de son aile Renaissance propice aux séminaires, loin de Paris. Tout prêtait à y faire un bilan de compétences ou à bâtir son projet professionnel avec sérénité tant l’accueil y était chaleureux.
Demos, c’était aussi un groupe jeune et multiculturel où se côtoyaient Belge, Espagnol, Portugais, Croate…. Mais aussi Chinois, Malgache, et une brillante Iranienne.
Au-delà de l’Europe, Jean Wemaëre avait l’esprit d’aventure lançant à ShangaÏ une antenne Demos au sein même de l’université éponyme accompagné par Daï Shen brillant étudiant émigré en France et devenu notre Directeur informatique.
Enfin, rien ne le réjouissait tant que de rassembler ses troupes -permanents et free-lances- autour d’une galette des rois, d’une coupe de champagne, ou d’une pièce de théâtre. Ainsi avait-il loué le Théâtre des Mathurins pour la 1ère d’une pièce comique dont l’acteur principal et auteur était Bernard Fripiat, concepteur par ailleurs d’une méthode géniale pour « Se réconcilier avec l’orthographe ». Le principe de base était de faire rire nos stagiaires avant de leur proposer une de ces règles ardues au souvenir rébarbatif. Le stage commençait très fort. Notre « Expert et comique » se présentait ainsi : « Bernard Fripiat, agrégé d’histoires …belges» !!! En effet, Bernard était belge et agrégé d’histoire avec un grand H. Et dès lors, le pari était gagné ! L’orthographe se transformait en jeux de mots inoubliables après 3 jours d’éclats de rire et une conclusion : « Mais pourquoi, diable, n’a-t-on pas appris le Français ainsi ?»
Deux autres moments joyeux me reviennent aussi à l’esprit :
La surprise que nous fîmes à notre Président pour fêter ses 50 ans avec la complicité de son épouse. Il ne s’y attendait pas du tout : petits sketches taquins préparés par nous, ses collaborateurs, accompagnés d’une formation de jazz pour ponctuer le tout.
Puis vint une cérémonie beaucoup plus officielle lors de la remise de la Légion d’honneur au Président de la Fédération de la Formation professionnelle qu’il était. Alors ministre, Gérard Larcher l’en décora. Là aussi, l’esprit de finesse était au rendez-vous dans les discours.
Enfin, pour terminer cet hommage sincère, voici une photo peu conventionnelle certes, mais si emblématique de sa joie d’être au milieu des Demosiens en 2005 dans une de ces réunions chaleureuses dont lui et Geneviève Wemaëre avaient le secret.
Anne BROILLIARD